L'APPEL DANS LES MEDIA
Du bon usage de la pauvreté
Les dames patronnesses, les épouses des maîtres de forges, gagnaient jadis leur paradis en distribuant pain rassis et étoles trouées à leurs pauvres. Aujourd’hui, cette rédemption opère de manière plus administrative. J’en veux pour preuve le minime ( très minime) esclandre provoqué en Mai dernier par Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Interrogé sur France-Inter par un auditeur, il déclare son opposition à la franchise sur les soins, avant de se rétracter après 24 heures d’homérique résistance, « pleinement rassuré » par les précisions de Roselyne Bachelot et de Xavier Bertrand : en effet, la mesure « sera accompagnée des exonérations nécessaires pour tenir compte des situations sociales très dégradées ».
Logique très particulière du sarkozysme en action, préférant à la justice sociale la charité, qui fait le tri entre les « très pauvres » et les « un peu moins pauvres que les plus pauvres », au risque, on le voit hélas trop souvent, de favoriser une lutte des classes interne, désignant aux ménages modestes comme premiers coupables de leurs difficultés les bénéficiaires de la CMU « qui eux, Docteur, peuvent se soigner les dents gratis ! » Rien ne se perd, tout se recycle, même la charité, qui sert ainsi à conforter l’idée d’un Autre coupable, responsable de tous les maux.
Comment, d’ailleurs, ne pas faire le parallèle avec un phénomène troublant, qui eût du attirer l’attention de Martin Hirsch : les refus croissants opposés par certains professionnels de santé aux patients en CMU. Au-delà des réelles difficultés administratives de paiement que peuvent rencontrer certains praticiens, c’est bien le discours de dénonciation constante de l’assuré irresponsable qui a permis ce lent glissement, car il est plus facile d’envoyer paître un patient démuni ( « Allez à l’hôpital public, on ne prend pas les gens comme vous ici ») si l’on peut voir en lui la source de tous les maux du système.
Nous voici en Octobre, cinq mois plus tard. Les franchises sur les soins arrivent en discussion au Parlement, et Roselyne Bachelot a beau jeu de déclarer que les franchises « ne priveront pas de soins les plus vulnérables », puisque « les plus démunis (les bénéficiaires de la CMU) en seront exonérés ».
Pour mémoire, rappelons que le plafond de la CMU est à 606 euros par mois, et le seuil de pauvreté en France à 817 euros. Qu’un handicapé, qu’un malade incapable de travailler, touche une allocation adulte handicapé à peine supérieure au plafond de la CMU, et devra donc payer les franchises, qui s’ajouteront aux forfaits déjà existants sur les consultations médicales, au forfait hospitalier journalier qui dissuade déjà certaines personnes en affection longue durée de recourir à l’hospitalisation.
Ne crachez pas sur les pauvres.
Pour le pouvoir, ils ont leur utilité.
Les ministres d’ouverture aussi.
( publié le 25 Octobre 2007 dans Témoignage Chrétien)

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Médecins fébriles face au plan santé de Sarkozy
Pétition contre le projet d'instaurer un seuil minimal de dépenses non remboursées par la Sécu.
Par Eric FAVEREAU
QUOTIDIEN : mardi 17 avril 2007
Plus de dix mille signatures recueillies en à peine quelques jours. La pétition (1) lancée par quelques médecins généralistes, autour de Christian Lehmann et Martin Winckler, pour dénoncer le plan santé du candidat Nicolas Sarkozy connaît un succès inattendu. D'autant plus que les sondages semblaient indiquer un goût prononcé des médecins de ville pour le candidat UMP.
Compte annuel. C'est finalement la semaine dernière, après plusieurs hésitations, que Nicolas Sarkozy s'est déclaré partisan de l'instauration d'une quadruple franchise annuelle sur les remboursements de soins. «Je propose un système avec quatre franchises : les premiers euros annuels sur les examens biologiques, sur les médicaments, sur les visites médicales et même sur l'hospitalisation», a-t-il ainsi déclaré. Ces sommes, inscrites sur une sorte de compte annuel, ne seraient pas remboursées par la Sécurité sociale. «Leur montant ferait l'objet d'un débat chaque année devant le Parlement» et serait fonction de la santé financière de l'Assurance maladie. Bref, une sorte de variable d'ajustement. Le candidat UMP insistant pour que chaque assuré soit touché par ces franchises et que les mutuelles ne les remboursent pas. «Je ne fais pas ça par plaisir : c'est parce que je ne crois pas qu'on pourra diminuer les dépenses de santé» , a-t-il ajouté.
«Quand j'entends cela, j'entends toujours la même philosophie», nous a expliqué le Dr Christian Lehmann. «Nicolas Sarkozy a une idée fixe. L'augmentation des dépenses de santé, c'est la faute des patients. Il faut donc les responsabiliser, c'est-à-dire les pénaliser financièrement pour qu'ils consomment moins, ou, au minimum, pour que la Sécu rembourse de moins en moins . » Sous Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé et aujourd'hui porte-parole du candidat, c'est ce qui s'est d'ailleurs passé, avec l'augmentation du ticket modérateur sur des soins courants, la généralisation des dépassements tarifaires pour les médecins spécialistes, la création du forfait de 1 euro par acte de soins ou de biologie, ou encore le forfait de 18 euros sur les actes supérieurs à 91 euros.
Inégalités. «Le déficit de l'assurance maladie n'en a pas été comblé pour autant , remarque Christian Lehmann. Aujourd'hui Nicolas Sarkozy va plus loin, en annonçant que s'il est élu il mettra en place une "franchise générale", c'est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l'assurance maladie ne remboursera rien du tout . » Pour ce médecin, la conséquence sera inévitable : l'accroissement des inégalités en termes de santé. «Dans une France où vivent plus de 3 millions de chômeurs et 7 millions de travailleurs pauvres, on sait ce qui va se passer. Ce sont eux qui seront les premières victimes de la franchise.»
Cette pétition a vite rencontré son public. «Finie la Sécu de grand-papa, il va falloir payer de sa poche», a réagi Christian Saout, président de l'association Aides. «De telles mesures éloigneront encore davantage les plus pauvres des structures de dépistage, de prévention et de soins, et renforceront de façon dramatique les inégalités face à la santé», a dénoncé Act Up. Même chez les médecins, la réserve est de mise. Ainsi la CSMF, premier syndicat chez les médecins libéraux, souligne dans son projet envoyé aux candidats que la franchise «risque d'être vite incompatible avec le maintien de la solvabilité des soins». Ségolène Royal a pour sa part dénoncé cette mesure et signé l'appel. Comme tous les candidats à la gauche de la gauche. François Bayrou s'est lui aussi montré opposé à cette mesure. «Cela ne pourra qu'aggraver une médecine à plusieurs vitesses telle qu'elle a été mise en place par la réforme de l'assurance maladie», a lâché un de ses porte-parole. Mais il n'a pour autant pas signé l'appel.
http://www.liberation.fr/actualite/societe/248054.FR.php
© Libération
http://birenbaum.blog.20minutes.fr/archive/2007/03/29/la-franchise-selon-nicolas-sarkozy.html#comments
vendredi, 30 mars 2007
La franchise selon Nicolas Sarkozy.
J'héberge aujourd'hui - un honneur - un texte de Christian Lehmann, Martin Winckler (tous deux médecins généralistes et écrivains) et Philippe Sopena (médecin généraliste, ancien Vice-Président de MG France), au sujet du projet de Nicolas Sarkozy de franchise sur les remboursements de soins.
Un projet dont Nicolas Sarkozy ne se vante plus en meeting...
Le docteur Lehmann (honorablement connu sur le DEL sous le pseudonyme de Docteur Justice & auteur des Fossoyeurs chez Privé) sera de garde sur ce blog tout au long de la journée pour répondre à la moindre de vos interrogations.
Profitez-en, les consultations sont gratuites !
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2007/04/03/4514316.html
03 avril 2007
La traîtresse franchise médicale Sarkozy
"L'assurance maladie solidaire en danger" ! C'est le cri d'alarme lancé par trois médecins généralistes, Christian Lehmann, Philippe Sopena et Martin Winckler, auteurs d'un Appel contre la franchise Sarkozy. "En matière d’assurance maladie l’UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l’augmentation des dépenses de santé, ce serait d’abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc les «responsabiliser», c’est à dire les pénaliser financièrement pour «qu’ils consomment moins», ou, au minimum, pour que «la Sécu rembourse de moins en moins," expliquent nos lanceurs d'alerte. Responsabiliser les usagers des services de santé : le raisonnement qui sous-tend cette démarche est si invraisemblable qu'il donne le vertige. Ainsi, si l'on est responsable, raisonnable, on ne doit pas tomber malade. Ceux qui le font sont donc des irresponsables, coupables de dépenser sans compter au motif futile de se soigner, alors qu'on n'est même pas sûr qu'il se s'agisse pas de simulateurs, tricheurs et profiteurs qui plombent les comptes de notre système de santé ! Responsabiliser les usagers... A quoi cela rime-t-il, quand "environ 70% de la dépense totale est le fait de 10% de patients qui sont atteints de lourdes pathologies, parfois en fin de vie, et à qui on ne demande guère leur avis quant aux soins dont ils sont l’objet, comme le rétablit l'Appel ? Et dont la seule «responsabilité» serait de décider de ne plus se
soigner. Est-ce la société que l’on veut ?". Voilà établi clairement que le principe fondateur même de cette franchise est aberrant.
http://www.politis.fr/Ceux-qui-comparent-la-sante-a-la,780.html
05 avril 2007
Ceux qui comparent la santé à la téléphonie mobile…
PAR Christian Lehmann, Martin Winckler
Médecins généralistes et écrivains, Christian Lehmann et Martin Winckler s’insurgent contre l’idée d’une franchise de l’assurance maladie, voulue par Nicolas Sarkozy : elle ferait exploser le principe de solidarité de la sécurité sociale.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-04-06/2007-04-06-849103
06 avril 2007
Punir les malades en les faisant payer plus
Le candidat UMP projette d’instaurer une quadruple franchise, non remboursable, sur les soins. Nombreuses protestations dans le monde de la santé contre une mesure socialement injuste.
11 avril 2007
Les candidats au crible des syndicats
Six leaders syndicaux donnent leur vision du traitement social de la campagne. Sévère.
Par François WENZ-DUMAS,
LIBERATION
Alain Olive (Unsa) cite un autre exemple du flou artistique que pratiquent les candidats pour éviter de se faire piéger par la technicité des sujets : «Quand nous avons rencontré Sarkozy, nous l'avons interrogé sur l'assurance maladie et la franchise qu'il veut imposer sur les remboursements. "Quelle est sa fonction ? avons-nous demandé . Combler le déficit ? En ce cas, elle doit être de 150 euros par assuré et par an." Lui, il voyait plutôt 10 ou 20 euros. On lui a fait remarquer qu'on était loin du compte. Et il est passé à autre chose.»
11 avril 2007
Oubliée du débat, la santé sera sur la table du futur gouvernement
Michel Delberghe, LE MONDE.
…Le candidat de l'UMP a provoqué de vives réactions en proposant la création de quatre franchises de soins (hôpital, médecins, médicament, biologie) s'ajoutant aux forfaits existants. Le montant, qui ne serait pas pris en charge par les mutuelles, est susceptible de varier chaque année, de quelques euros à une centaine, selon l'ampleur des déficits. Signant un "Appel contre la franchise", des médecins-écrivains (Martin Winckler, Christian Lehmann), plutôt de gauche, des économistes de la santé comme Jean de Kervasdoué, rejoints par des associations d'usagers et de malades, s'insurgent contre une mesure "socialement injuste, économiquement inefficace et dangereuse pour la santé publique."
La candidate socialiste, lors d'un déplacement à Lyon, mercredi 4 avril, a fustigé cette proposition, qui, selon elle, "érigerait un véritable mur sanitaire entre ceux qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas".
LE FIGARO | 11.04.2007
Royal signe la pétition contre une franchise sur les remboursements
Ségolène Royal a signé hier la pétition des médecins et professionnels de la santé contre la franchise sur les remboursements de soins préconisée par Nicolas Sarkozy, a-t-elle indiqué, jugeant ce projet « dangereux » et « brutal ». « On ne réforme pas la France avec brutalité, et certainement pas en faisant reculer l'égalité d'accès à la santé », a souligné la candidate socialiste à la présidentielle. « La Sécurité sociale est un des acquis du modèle social français, elle doit être préservée », a-t-elle ajouté, affirmant qu'elle lutterait « contre les tentations de privatisation » qui « feront basculer des millions de Français vers la précarité médicale ».
Une délégation de porteurs de la pétition avait auparavant été reçue à son siège de campagne. « On ne se résout pas à une logique qui désigne les patients comme des ennemis, des abuseurs du système », a noté un des initiateurs de la pétition, Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain, pour qui « les médecins ne sont pas le bras armé du pouvoir politique ». « La franchise ne doit pas être considérée comme un élément de régulation des dépenses de santé », a ajouté Philippe Sopena, médecin généraliste, parlant d'« insécurité sociale ».
Nicolas Sarkozy a proposé la semaine dernière « un système avec quatre franchises : les premiers euros annuels sur les examens biologiques, les premiers euros annuels sur les médicaments (...), les premiers euros annuels sur les visites médicales et même sur l'hospitalisation ». Ces sommes ne seraient « pas remboursées » par la Sécurité sociale.
Christian Lehmann
REUTERS | 11.04.07
Présidentielle 2007Ségolène Royal promet de «sauver la sécurité sociale».
A l'occasion d'une rencontre avec un collectif de médecins, Ségolène Royal s'est présentée comme la présidente qui «sauvera la sécurité sociale» en s'opposant à la «médecine à plusieurs vitesses» prônée par Nicolas Sarkozy.
LIBERATION.FR | 10.04.2007
Ségolène Royal s'est présentée mardi comme la présidente de la République «qui sauvera la sécurité sociale».
Elle a attaqué les propositions de franchises sur les dépenses de santé défendues par Nicolas Sarkozy. La candidate socialiste à l'Elysée a reçu un collectif de médecins qui a lancé une pétition contre les franchises sur internet (www.appelcontrelafranchise.org) et estime que le projet du candidat de l'UMP est un «vrai recul» dans l'accès aux soins et «une vraie injustice sociale».
Devant les caméras, Ségolène Royal s'est opposée «farouchement» à toute tentation de privatisation de la Sécurité sociale, signe précurseur d'une «médecine à plusieurs vitesses». A ses yeux, les quatre franchises médicales envisagées par Nicolas Sarkozy (sur les examens biologiques, les médicaments, les visites médicales et l'hospitalisation) feront «basculer des millions de Français vers une précarité médicale». «La Sécurité sociale est un des acquis du modèle social français, elle fait partie de notre pacte républicain et donc elle doit être préservée (...) Les Français doivent avoir la garantie de l'égalité d'accès aux soins», a-t-elle insisté, évoquant notamment les personnes âgées. «Je serai la présidente de la République qui garantira ce modèle social, ce modèle républicain, qui sauvera la Sécurité sociale et qui même la consolidera en prenant en charge au niveau de la Sécurité sociale les questions du vieillissement et du handicap», a-t-elle poursuivi. Fin mars, Ségolène Royal avait repris à son compte une proposition avancée par Laurent Fabius d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour prendre en charge les questions du grand âge et de la dépendance.
Sur le même sujet La France serre à droite en vue de l'élection A savoir «La gauche s'est coupée des énergies sociales» FN et UMP à cran sur «l'identité» Royal prise au piège de son «ordre juste» Comment Sarkozy a décomplexé son camp Sécurités Une France électorale ancrée à droite Romero loue la tolérance de Bayrou
NOUVELOBS.COM | 03.04.2007
Plusieurs acteurs ou représentants du monde de la santé ont lancé une pétition qui se veut un "appel contre la franchise sur les remboursements de soins" notamment préconisée par le candidat UMP à la présidentielle.
Plusieurs acteurs ou représentants du monde de la santé ont lancé une pétition qui se veut un "appel contre la franchise sur les remboursements de soins" notamment préconisée par le candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy, a annoncé lundi 2 avril l'un des ses initiateurs. "La pétition, lancée vendredi, a déjà reçu 2.000 signatures", a déclaré à l'AFP Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain. "En matière d'assurance maladie, l'UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l'augmentation des dépenses de santé, ce serait d'abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc (...) les pénaliser financièrement pour 'qu'ils consomment moins', ou (...) pour que 'la Sécu rembourse de moins en moins'", indique-t-il dans un communiqué de presse. "Nicolas Sarkozy va plus loin en annonçant que s'il est élu il mettra en place une 'franchise', c'est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l'assurance maladie ne remboursera rien. Rien du tout", poursuit-il.
"Socialement injuste"
"Nous, professionnels de santé, acteurs du monde associatif ou médico-social, universitaires, représentants des usagers et/ou usagers du système de santé, refusons l'instauration d'une telle 'franchise', socialement injuste, économiquement inefficace et dangereuse pour la santé publique", ajoute-t-il. "C'est la fin d'un système d'assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades", dit cet appel. La pétition, que l'on peut consulter sur le site www.appelcontrelafranchise.org, a aussi été signé par Martin Winckler, généraliste et romancier, par Jean de Kervasdoué, ancien directeur des hôpitaux et titulaire de la chaire d'économie et de gestion des services de santé au Conservatoire national des arts et métiers. Catherine Mills, économiste de la santé et de la protection sociale, ou encore le député PS Jean-Marie Le Guen, figurent aussi parmi les premiers signataires. (AFP)